Equipe de collaborateurs travaillant ensemble autour d une table, symbole du collectif qui fidelise face a la grande demission 2026

Grande Démission 2026 : 38% de vos salariés ont déjà un pied dehors

Analyse exclusive 2026

Grande Démission 2026 : 38% de vos salariés ont déjà un pied dehors

Trois études publiées entre janvier et juin 2026 convergent vers le même signal : la France se prépare à une nouvelle vague de départs. Et cette fois, ce ne sont ni le salaire ni le télétravail qui retiendront vos talents. Synthèse data des chiffres que tout DRH doit connaître avant la rentrée.

🖉 Guillaume Coudert  ·  🏢 Agence InfluenceuRH  ·  📅 3 juillet 2026  ·  ⏱ 8 min de lecture
38% des actifs envisagent de démissionner
51% chez les moins de 35 ans
55% restent d’abord pour leurs collègues

Le débat a été relancé en juin 2026 par la presse RH française : assiste-t-on au retour de la Grande Démission ? Les chiffres publiés par Culture RH sont sans ambiguïté : 38% des actifs envisagent de démissionner et de changer d’entreprise dans les prochains mois. Chez les moins de 35 ans, la proportion grimpe à 51%. Un actif jeune sur deux regarde ailleurs pendant que vous lisez ces lignes.

Au même moment, l’étude United Heroes publiée avant l’été apporte une clé de lecture inédite : 1 salarié sur 5 se dit prêt à quitter son entreprise, mais ce chiffre bondit à 43% lorsque le collectif de travail est jugé fragile. À l’inverse, 55% des salariés qui restent citent d’abord le lien avec leurs collègues comme premier motif de fidélité. Le Baromètre RH 2026 Éditions Tissot x PayFit, mené auprès de plus de 600 professionnels RH, confirme le basculement : la qualité de vie et des conditions de travail devient la priorité numéro un pour 60% des RH, devant le recrutement qui recule à 46%.

Autrement dit : la bataille de l’attractivité se déplace. Elle ne se joue plus seulement sur LinkedIn ou sur votre site carrière. Elle se joue à l’intérieur, dans la solidité du collectif que vos candidats rejoindront et que vos salariés hésitent à quitter.

Le vrai problème : les entreprises ont massivement investi la marque employeur externe (publicités, contenus, site carrière) mais très peu la preuve interne. Or 43% des salariés sont prêts à partir quand le collectif vacille. Une marque employeur qui ne fidélise pas n’est pas une marque employeur : c’est une promesse non tenue, visible sur Glassdoor.

Un exode silencieux : ce que les études de 2026 révèlent vraiment

Prises isolément, ces études pourraient passer pour des signaux faibles. Croisées, elles dessinent un scénario précis. Premier enseignement : l’intention de départ est massive mais dormante. Les 38% d’actifs qui envisagent de partir ne sont pas en recherche active. Ils sont en veille, sollicités par des recruteurs de plus en plus outillés par l’IA, et basculeront à la première déception interne : une promotion refusée, un manager en burn-out, une réorganisation mal expliquée.

Deuxième enseignement : l’engagement ne suit plus. La France reste l’un des pays européens les plus touchés par le désengagement, avec seulement 8% de salariés qui se déclarent engagés dans leur travail. Ce socle d’engagement famélique transforme chaque irritant du quotidien en déclencheur de départ potentiel.

8% de salariés engagés seulement en France
43% prêts à partir si le collectif est fragile
60% des RH placent la QVCT en priorité n°1

Troisième enseignement, le plus contre-intuitif : les RH ont déjà compris. Quand 60% des professionnels RH placent la QVCT devant le recrutement, ils actent que remplir un entonnoir de candidatures ne sert à rien si le fond de la casserole est percé. Chaque départ non anticipé coûte entre 6 et 9 mois de salaire, comme nous l’avons détaillé dans notre analyse du vrai coût du turnover en 2026. Sur un effectif de 500 personnes avec un turnover de 15%, l’exode annoncé se chiffre en millions d’euros.

Pourquoi vos leviers classiques ne retiennent plus personne

Face à une intention de départ à 38%, le réflexe historique des directions est connu : réviser les grilles salariales, ajouter un avantage au package, assouplir le télétravail. Ces leviers restent nécessaires. Mais les études de 2026 montrent qu’ils ne sont plus différenciants, pour trois raisons structurelles.

D’abord, le salaire est devenu un ticket d’entrée, pas un motif de fidélité. Avec la directive européenne sur la transparence des rémunérations dont la transposition française arrive au Parlement cette année, les écarts de salaire deviennent publics et comparables. Payer au prix du marché ne retient personne : c’est l’absence d’équité perçue qui fait partir.

Ensuite, les avantages se copient en un trimestre. Titres restaurant améliorés, semaine flexible, budget bien-être : tout ce qui s’achète se réplique. Aucun avantage matériel ne constitue une barrière à la sortie durable quand le concurrent propose le même package avec 8% de salaire en plus.

Enfin, la flexibilité est devenue un standard, plus un cadeau. Le télétravail hybride est désormais la norme attendue par défaut. Le retirer déclenche des départs ; le maintenir ne fidélise pas. C’est exactement le piège que mesure l’eNPS : un salarié peut être satisfait de ses conditions et prêt à partir quand même. Nous avons montré pourquoi l’eNPS est le seul indicateur qui prédit votre turnover avant qu’il n’explose : il capture précisément ce que les enquêtes de satisfaction ratent.

Le collectif : premier levier de rétention, dernier poste d’investissement

Le chiffre le plus important de ce premier semestre 2026 tient en une ligne : 55% des salariés qui restent citent le lien avec leurs collègues comme premier motif. Pas le salaire. Pas la mission. Pas la flexibilité. Les collègues. Et symétriquement, l’intention de départ passe de 20% à 43% quand le collectif est perçu comme fragile.

Ce résultat rebat les cartes de l’investissement RH. La force du collectif (qualité des relations d’équipe, rituels partagés, confiance dans le management de proximité) est le levier de rétention au meilleur ROI, et c’est paradoxalement celui qui reçoit le moins de budget structuré. On finance des campagnes d’attractivité à six chiffres pendant que la cohésion d’équipe repose sur un afterwork trimestriel.

Le maillon central de ce collectif, ce sont vos managers de proximité. Or ils sont eux-mêmes en zone rouge : charge émotionnelle, injonctions contradictoires, désengagement. Nous avons documenté cette crise du management qui menace de faire exploser le turnover en 2026 : un collectif ne survit pas à une ligne managériale qui lâche.

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1. Mesurez-vous l’eNPS (ou un indicateur d’engagement) au moins 2 fois par an ?
2. Vos managers de proximité ont-ils un temps dédié (et outillé) pour l’animation d’équipe ?
3. Vos équipes ont-elles des rituels collectifs réguliers (hors réunions de production) ?
4. Analysez-vous systématiquement les motifs réels de chaque départ (entretien de sortie structuré) ?
5. Vos nouveaux arrivants sont-ils intégrés à un collectif identifié dès la première semaine ?
6. Votre communication marque employeur montre-t-elle vos équipes réelles (et non des banques d’images) ?

Quatre chantiers pour transformer votre marque employeur en assurance rétention

1. Mesurer avant l’exode. Vous ne pouvez pas retenir ce que vous ne voyez pas partir. Un eNPS trimestriel par équipe, croisé avec l’ancienneté et les motifs de départ, vous donne 6 à 12 mois d’avance sur les démissions. C’est le tableau de bord minimal de toute politique de fidélisation sérieuse en 2026.

2. Sécuriser les 90 premiers jours. L’intention de départ des moins de 35 ans (51%) se cristallise très tôt. Un arrivant intégré à un collectif fort dès la première semaine démissionne beaucoup moins dans les 18 mois. Notre méthode complète est détaillée dans Onboarding : les 90 premiers jours qui décident si votre recrue reste ou repart.

3. Réarmer la ligne managériale. 55% de fidélité par le lien : ce lien passe d’abord par le manager de proximité. Formation à l’animation de collectif, temps dédié sanctuarisé, reconnaissance du rôle : ce chantier conditionne tous les autres.

4. Faire de votre collectif la preuve de votre EVP. Une promesse employeur crédible en 2026 s’appuie sur 3 à 5 piliers vécus et vérifiables de l’intérieur. Si « l’esprit d’équipe » figure dans vos piliers, il doit se voir dans vos rituels, vos espaces, vos contenus. Vos salariés sont les premiers juges : ce sont eux qui confirment (ou démentent) votre marque employeur sur Glassdoor et LinkedIn.

Sources : Culture RH, « 2026 : le retour de la Grande Démission ? », juin 2026 ; étude United Heroes 2026 sur le collectif de travail ; Baromètre RH 2026 Éditions Tissot x PayFit (600+ professionnels RH interrogés).

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Ce qu’il faut retenir

Les données du premier semestre 2026 convergent : 38% d’intentions de départ, 51% chez les moins de 35 ans, et un facteur de rétention dominant qui n’est ni le salaire ni la flexibilité, mais la solidité du collectif. Pendant que vos concurrents continuent d’arroser le haut de l’entonnoir, l’avantage compétitif se construit à l’intérieur : mesure de l’engagement, onboarding structuré, managers outillés, EVP vécue.

La Grande Démission de 2021-2022 avait pris les entreprises par surprise. Celle qui se prépare est annoncée, chiffrée, documentée. En 2026, il n’y aura pas d’excuse : les DRH qui transforment leur marque employeur en machine à fidéliser aborderont la vague avec un coup d’avance. Les autres la subiront, départ après départ, au prix fort.

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Guillaume Coudert, fondateur de l'Agence InfluenceuRH

Guillaume Coudert

Fondateur de l’Agence InfluenceuRH, Guillaume accompagne les DRH et décideurs de grands groupes, ETI et PME dans la construction d’une marque employeur différenciante : attractivité des talents, audit de marque employeur, communication RH interne et externe. Expert reconnu dans l’univers RH, il transforme les enjeux d’image employeur en leviers concrets de recrutement et de fidélisation.

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